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Paris, France
Ce blog est celui de la conversation libre. Autour des arts, des livres, de la télévision ou de tout autre sujet de culture mais aussi - n'est-ce pas culturel ? - de la politique. C'est dire, simplement, que sur ce blog on parlera de tout. Je le nourrirai au rythme de mon inspiration, de mes rencontres, de mes visites, de mes lectures, de mes poussées d'admiration ou de colère aussi. Que chacun, ici, intervienne. Que l'on discute les uns avec les autres.. Voilà l'ambition de ce blog. Un mot encore sur le titre. "Mon oeil", c'est ce que je vois, mais c'est aussi, vieille expression, une façon de dire que l'on n'est pas dupe et que l'esprit critique reste le maître contre par exemple le "politiquement correct" et contre les idées reçues, de droite comme de gauche. ************************************************************************************* Pour les amateurs d'art, je signale cet autre blog, plus spécialisé sur l'art et les artistes, les expositions, les formes d'expression d'ici et d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'hui: http://monoeilsurlart.blog4ever.com/blog/index-350977.html

mardi 28 février 2012

Artprice: 2011, année record du marché de l'art...


Artprice vient de révéler son rapport annuel sur le Marché de l'Art. 2011 a été une année record. L'art ne s'est jamais si bien vendu affirme le leader de l'analyse des résultats mondiaux des oeuvres d'art. Voici, publié par Artprice, le résumé des tendances relevées.


"Tandis que les vieilles économies souffrent, la croissance s'accélère du côté des BRICS. Les cinq membres des BRICS, Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, ont bénéficié d'une croissance beaucoup plus forte que les pays développés et le formidable assaut chinois a profondément modifié la structure géographique du marché de l'art" selon Thierry Ehrmann, PDG et fondateur d'Artprice, leader mondial de l'information sur le marché de l'Art.

Selon lui, "à Singapour, Pékin et Hong Kong, les politiques ont conscience de l'énorme potentiel économique que représente l'art pour leur état ou pour leur ville et les gouvernements soutiennent fermement les grands évènements culturels, dont les salons d'art contemporain. Outre la croissance de 49 % du volume d'affaires pour la vente aux enchères d'œuvres d'art en Chine, d'autres pays asiatiques sont particulièrement dynamiques : c'est le cas de Singapour (+22 %) ou de l'Indonésie (+39 %) par exemple."

"Cette croissance, indique Thierry Ehrmann, est portée par l'émergence de nouveaux collectionneurs richissimes et d'un nombre grandissant de fonds d'investissements en art. De fait, le marché asiatique est devenu le plus haut de gamme du monde. Par exemple, 12,1 % des œuvres vendues en Asie le sont entre 100 000 $ et 1 m$, contre 2,2 % dans le reste du monde dans cette gamme de prix."

"La Chine, première puissance asiatique et première puissance au monde pour la vente d'œuvres d'art est étonnante tant par sa force de frappe que par son indépendance. C'est là que les plus grosses enchères sont signées (avec 774 enchères millionnaires enregistrées en 2011 en Chine contre 426 aux États-Unis ou 377 au Royaume-Uni), la plupart du temps dans des salles de ventes pékinoises ou hongkongaises. Même si la Chine se trouvait privée du dynamisme des ventes hongkongaises de Christie's et Sotheby's, elle demeurerait la première place de marché mondiale sans vaciller !"


Selon les analyses de Artprice, Thierry Ehrmann indique que: "A l'issue de l'année 2011, la vente d'œuvres d'art a rapporté 21 % de plus qu'en 2010 à l'échelle mondiale et il n'est pas un secteur de la création qui ne progresse pas en terme de chiffre d'affaires."

Par rapport à 2010, l'art moderne gagne 1,2 M$, l'art d'après-guerre 372 m$, l'art contemporain 291 m$, l'art ancien 124 m$ et les créations du XIXème siècle rapportent 43 m$ supplémentaires. De plus, la boulimie d'achat n'a relégué aucun médium à l'arrière-plan. Il s'est vendu plus de peintures, de sculptures, de photographies, de dessins et même d'estampes qu'en 2010. Porté par la cote explosive des maîtres anciens et modernes chinois, le dessin a d'ailleurs véritablement trouvé ses lettres de noblesse, avec un produit de ventes annuel en hausse de 1,318 M$ sur l'année."


Artprice publie en 6 langues son rapport exclusif du marché de l'art repris par plus de 6 300 médias et institutions internationaux chaque année. Réalisé à partir des 6,3 millions de résultats d'enchères de 4 500 maisons de ventes, le rapport annuel "Tendances du Marché de l'art 2011" est constitué de 50 pages d'analyses macro-économiques et micro-économiques mises à jour au fil de l'actualité des ventes et des évolutions des prix des oeuvres d'art. Ce rapport édité par ArtMarketInsight, l'agence de presse d'Artprice, avec le département d'Econométrie d'Artprice contient aussi des classements originaux tels que le TOP 500 des artistes par chiffre d'affaires, la liste des 100 plus fortes enchères de l'année.

samedi 21 janvier 2012

Saint-Sulpice et les punaises de sacristie...




Tous les intégrismes se valent en bétise... Voilà la dernière manifestation de l'intolérance de quelques énergumènes se prétendant les amis de Dieu et qui ne sont que des saboteurs... Depuis quelques jours se tient en l'Église Saint-Sulpice, à Paris, une exposition de sept jeunes artistes consacrée aux Vierges de Noël. Ces jeunes peintres ou sculpteurs ont été rassemblés par l'association ARTofNOW.Il y a là Georges Moquay, Bôôl, Kasper, Legilles, Paul Santoleri, Sophie Lavaud et Jean-Marc Planchon.

Au dos de la sculpture de la Vierge peinte par Georges Moquay, sur le manteau de la statue, est indiqué un petit personnage, comme ceux que ce jeune artiste installe partout dans ses toiles, une figure exubérante et de couleur verte. Or voilà que ce dessin est apparu suspect à quelques personnes se disant religieuses mais à la vision obtue qui ont voulu y voir une symbolisation d'ordre satanique ou que sais-je.

Non seulement ces cagots, ces bigots, ces punaises de sacristie, ont voulu faire savoir à haute et forte voix leur interprétation délirante, mais ils ont aussi, à quelques uns, décidé de pratiquer eux mêmes leur justice rapide et inquisitoriale. Ces Torquemada de pacotille ont illico, manu militari, sorti les oeuvres de l'église et les ont même endommagées...

Manifestation grotesque, ringarde et d'un autre temps. Ces personnes embrumées dénient aux artistes contemporains leur droit à l'expression. C'est sans doute leur motivation de base. Il s'agit pour eux de refuser l'expression des autres. De l'Autre. Dans leur comportement dictatorial et insupportable, ils bafouent toute tolérance. Dans l'Église, ils veulent tuer toute diversité et bannir toute humanité. Ils n'en sont pas à leur coup d'essai...


mercredi 18 janvier 2012

La troisième voie de Jean-Pierre Logerais







Jean-Pierre Logerais en est déjà à sa troisième vie. Tout jeune, il s’était consacré à la peinture. Il séduisait déjà suffisamment alors les amateurs d’art pour monter des expositions personnelles ( à Saumur, à Besançon...), pour participer à des expositions collectives, comme "Grands et jeunes d’aujourd’hui" au Grand Palais à Paris, ou des expositions d’art contemporain à Montréal, à New-York. Dans un deuxième temps, et pendant vingt cinq années, cette passion pour les pinceaux avait fait place à celle de l’équerre et du fil à plomb de l’architecte et de l’urbaniste. À ce titre, il prend en charge dans son travail la mémoire de la ville en restaurant le théâtre d’Angers, celui de Fougères, en réaménageant le Cours Sully à Nantes… Il réfléchit à l’intégration de l’élément construit dans le paysage naturel et applique ses intuitions à la Maison de la jeunesse de Grand Quevilly, aux Jardins de l’Atlantique à Talmont Saint-Hilaire, à l’Hôtel du Vaujou à La Pommeraie ou à l’École supérieure du bois à Nantes… Il pense à la transmission des savoirs et des arts en construisant le Théâtre de Laval, le Lycée Alcide d’Orbigny à Bouaye, le Collège Jean Mermoz à Angers, le Lycée Saint-Joseph à La Pommeraie, le Lycée Jean Monnet aux Herbiers, l’École d’ingénieurs de l’aéronautique de Laval… Il alimente de ses réflexions sur ces sujets, sur l’habitat social, le logement ; sur les matériaux ( bétons, métaux, minéraux, bois, verres, altuglas… ) le livre de Vanessa Logerais et d’un collectif de connaisseurs, « Architecture- Jean-Pierre Logerais », paru en 2003 aux éditions Coiffard.

Et puis, en 2010, réinvesti par ses vieux démons, Jean-Pierre Logerais revient à la palette, aux crayons, aux pinceaux… Son travail de peintre lui confère une nouvelle dimension, enrichie de son parcours de constructeur, de bâtisseur. En moins de deux ans, il constitue un catalogue déjà fourni de 200 dessins, montages photographiques, grandes toiles. Ces œuvres, à la fois subtiles et puissantes, installent un gigantesque panorama de personnages mystérieux, surgis dans la contemplation de petites figurines de papier. Ces êtres étranges enfantés dans l’imagination prennent corps sur le papier ou sur la toile et, comme des Golem, dansent leur vie. Des couleurs somptueuses (sublimes rouges), des glacis performants en font des icones d’un univers très personnel. Ce travail est déployé à la « Galerie des Archives-Yves Klein », avenue du Maine à Paris, jusqu’au 31 janvier.

Jean-Pierre Logerais a inventé le décor de la pièce de Théâtre « Le désert des Tartares » adaptée par Xavier Jaillard du livre de Dino Buzzati. La pièce est jouée jusqu’au 31 mars au Petit Hébertot à Paris.

mardi 6 décembre 2011

Un record du monde pour une toile de Nicolas de Staël

Une huile sur toile de Nicolas de Staël, "Nu couché" (1954), a été vendue aux enchères 7.033.400 euros (avec frais), le 6 décembre 2011, à Paris, par Artcurial. L'acheteur est un Américain auquel s'étaient opposés cinq enchérisseurs dont deux Français et un Britannique. Il s'agit pour ce peintre d'un nouveau record du monde. L'estimation de départ la plus élevée était de 3,5 millions d'euros, Le précédent record pour Nicolas de Staël était de 2,4 millions d'euros pour "Agrigente" (1954), lors d'une vente à Paris en mai 2011.
"Ce "Nu couché" est un des trophées de l'histoire de la peinture. Les nus sont très rares dans l'oeuvre de Nicolas de Staël qui était à ce moment-là dans la force de son art", a déclaré Maître Francis Briest, co-président d'Artcurial.
Ce record est semble-t-il aussi celui du prix obtenu pour un tableau en France en 2011.

( Voir ce sur blog l'article: http://monoeil75.blogspot.com/2011/11/nicolas-de-stael-vivant.html








artprice






vendredi 2 décembre 2011

Artprice: toutes les cotes du Marché de l'art

Vous voulez connaître la cote d'un artiste ? Facile. Un site particulièrement performant offre sur le marché international de l'art tous les résultats de ventes aux enchères. C'est là, dans les ventes, que se forme et s'établit la cote des artistes. Ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui.









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dimanche 13 novembre 2011

Garry Fabian Miller: les lumières de la réalité







La première surprise avec le travail de Garry Fabian Miller, c’est qu’on se trouve d’emblée en terre de connaissance… Disons-le autrement : devant ses œuvres, on est tout sauf déstabilisé parce qu’on croit être en terrain connu. Tiens, voilà Joseph Albers avec ses carrés de couleur sur fond carré de couleur ; voilà Dan Flavin avec ses néons rangés ; voilà Mark Rothko avec ses peintures mythiques où se juxtaposent délicatement deux monochromes… On y est presque… Sauf que ce n’est pas du tout cela.






Et d’abord, Garry Fabian Miller n’est pas un peintre. Ses tableaux ne sont ni des toiles, ni des ready-made, fussent-ils luminescents. Ses œuvres sont des photographies.
Des photographies réalisées sans appareil de photo, qui réussissent à capter directement sur le papier sensible (Cibachrome, Ilfochrome) les rayons lumineux filtrés par des plaques de verre, des liquides, comme des huiles de nuances et de densités différentes.





Le résultat est stupéfiant. Les images, comme celles que présente jusqu’au 6 décembre la « galerie Gimpel & Müller », rue Guénégaud à Paris, pour l’exposition « Rayons de couleurs », ont une extraordinaire puissance de feu. Une intensité inouïe. Elles appartiennent en effet à plusieurs ordres de la création artistique. Elles sont totalement abstraites et géométriques, elles vibrent d’une intensité qui nimbe leurs contours d’une sorte d’aura. Et dans le même temps, elles réalisent totalement une captation fidèle et intransigeante du réel, ce sont « les couleurs du temps ». Garry Fabian Miller retient ainsi dans son art les deux bouts opposés de la chaîne, l’esprit et la matière, ce qui peut être une définition de la métaphysique.



Né à Bristol en 1957, il est le fils d’un photographe. Il a vécu son enfance entre les bacs de révélateur et les bacs d’hyposulfite. Les mystères de cet art magique, la photographie, l’ont nourri dès le berceau. Il est revenu, lui, à la source de ce qu’est photographier: textuellement, écrire la lumière. Comme l’avaient fait, les ancêtres de la Camera oscura, le pionnier William Henry Fox Talbot, le surréaliste Man Ray avec ses « Rayogrammes », des photogrammes qui s’attachaient aux ombres… Il appris, peut-être, de peintres comme Malevitch, Klein, Fontana, Ad Reinhardt, Kelly, Soulages, Geneviève Asse, Atsuko Tanaka, ou même le jeune Jacob Kassay… , d’artistes comme Judd, Flavin, Turrel… qui chacun a voulu séduire le diable pour récupérer sinon le feu, du moins la lumière. Garry Fabian Miller est un homme de réflexion qui vit à la campagne fait de longues promenades dans la campagne britannique sa gymnastique quotidienne. Ses œuvres paisibles sont toutes inspirées de cette fréquentation de la nature.



"Les rigueurs de cette géométrie nous en disent plus que tous les flous artistiques" écrit de ce travail si particulier le grand écrivain et amateur de photographie, Michel Tournier, Prix Goncourt. Et Laurent Greilsamer, biographe de Nicolas de Staël, ancien directeur-adjoint du Monde qui a préfacé de catalogue de l ‘exposition : « Cela tient du tour de force et le trouble naît, précisément, du tremblé de vie qui surgit aux marges des constructions géométriques acérées de Fabian Miller. Tremblement unique pour des œuvres uniques. Nous-nous demandions à quoi pouvait bien rêver notre ami dans sa chambre noire. Oui, à quoi rêve-t-il sinon à cette étrange nuit étoilée qui nous gouverne ? » Que dire de plus convaincant ? Rien. Mais, il faut aller voir en toute urgence ces extraordinaires œuvres d’art. JB









artprice






lundi 7 novembre 2011

Temps (très) forts à Drouot-Montaigne...


C’est la fête pour les yeux à Drouot-Montaigne. Du 4 au 9 novembre, les commissaires-priseurs de Drouot exposent dans leur salle de prestige les plus belles pièces des ventes à venir. Il faut y courir. C’est un des pèlerinages annuels des collectionneurs et amateurs d’art.

Pour apprécier en avant-première et comme en consultant un programme, la richesse de cette manifestation, il suffit de parcourir les 22 pages que lui consacre le numéro 38 de « La Gazette Drouot » qui offre en bonus sa couverture à un magnifique tableau de Cranach l’Ancien, « La Nymphe de la source » qui sera mis en vente à Drouot-Richelieu, le 7 novembre, par la Société Audap-Mirahaud. L’œuvre, superbe, est estimée de 3 à 4 millions d’€.

Dans les pages de « La Gazette », Pierre Soulages (« Composition » de 1946, chez Lombrail-Teucquam) voisine avec Francis Picabia (« Masque ouvert » de 1931, chez Binoche-Giquello) ; Foujita (« Le Marché aux puces, dimanche » chez Cornette de Saint-Cyr) avec un « Mercure » ( dit de Bavay, IIème siècle, chez Pierre Bergé et Associés) ; une paire de vases en porcelaine de Chine, - estimée de 3 à 400 000€-, ou une commode de Cressent –estimée de 350 à 500 000€ - chez PIASA, trouvent place à côté d’un bureau plat estampillé Montigny –estimé 1 million d’€- chez Europ Auction. Il y a aussi bien enetendu des œuvres contemporaines. De Andy Warhol, Yayoï Kusama, Bernard Buffet…

L’exercice des « Coups de cœur », révélé par « La Gazette » permet à dix personnalités du monde de l’art de choisir l’œuvre qui lui plait le plus intimement parmi celles que les maisons de vente ont retenues. Voici leur palmarès: Fabrice Hergott , directeur du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, a élu un tableau d’Elaine Sturtevant rendant hommage à Martial Raysse (Matthias-Baron-Ribeye et associés) ; Jean-Paul Cluzel, président de la Réunion des musées nationaux et du Grand-Palais, une statue de dignitaire égyptien de la Vème dynastie (Pierre Bergé et Associés) ; Pierre Lellouche, secrétaire d’état chargé du commerce extérieur, un tabouret de camp pliant byzantin du Vème siècle (Marc-Artur Kohn) ; Patrick Poivre d’Arvor, une sculpture de Rodin, « Jeunesse triomphante » (Millon et Associés) ; Christophe Girard, adjoint « Culture » du maire de Paris, un tableau de Corot (Beaussant-Lefèvre) ; Stéphane Bern, un manuscrit d’Hortense de Beauharnais ( Jean-Marc Delvaux) ; Sandra Mulliez, fondatrice de SAM Art project, une toile d’Utrillo (Beaussant-Lefèvre) ; Pierre-Jean Chalençon, collectionneur napoléonien, un autoportrait de Sacha Guitry (Ader-Nordmann) ; Christian Le Squer, chef étoilé du Pavillon Ledoyen, une sculpture de Yannis Gaïtis (Matthias-Baron-Ribeye et associés) . Cette version du « portrait chinois » en dit sur chacun plus qu’on ne le pense. Et si vous y jouiez vous-même ?

Jacques Bouzerand